le bonheur

Le bonheur serait, selon moi, l’état naturel dans lequel nous baignons à la naissance et que nous tentons de retrouver tout au long de la vie

Mais si cet état nous est naturel, penseront certains, comment se fait-il qu’il soit si difficile de l’atteindre et de s’y maintenir?

Chercher le bonheur où il se trouve

"Peut-être ne cherchons-nous pas le bonheur où il se trouve, tout simplement."

Voilà une des conclusions à laquelle sont venus Mihaly Csikszentmihalyi et des chercheurs universitaires après avoir mené une enquête auprès de milliers de participants à travers le monde.

Depuis, ces recherches sont devenues une référence pour nombre de scientifiques qui s’en sont inspirées pour poursuivre à leur tour d’autres recherches sur le bonheur, que nous verrons incessamment.

Avant d’aborder les résultats de ces études, voyons comment Csikszentmihalyi et ses équipes s’y sont pris pour recueillir autant d’information.

Laissons-le présenter sa méthode d’échantillonnage:

"Au début de mes recherches, les données provenaient d’interviews et de questionnaires. Dans le but d’acquérir une plus grande précision et d’être le plus objectif possible à propos de phénomènes subjectifs sans compromettre le sens personnel de l’expérience vécue, nous avons développé la méthode de l’échantillonnage de l’expérience vécue (Expérience Sampling Method, ESM).

Cette méthode permet d’obtenir des données sur les pensées, les émotions et les activités de l’individu alors qu’il est dans son milieu naturel. Le participant note les informations demandées lorsqu’un téléavertisseur se fait entendre à différents moments de la journée (de cinq à huit fois), moments déterminés par le hasard. Selon les besoins de la recherche et la collaboration des sujets, cette procédure peut durer quelques jours ou quelques semaines. »

En d’autres mots et pour illustrer cette méthode, imaginons que vous êtes l’un des participants à l’expérience. Il est 9 heures un lundi matin et vous êtes au travail lorsque le bip du téléavertisseur se fait entendre. Sur un formulaire qu’on vous a remis, vous avez à:

  1. encercler le chiffre qui correspond à votre niveau de bonheur actuel (1 étant très triste, 7 étant très heureux),
  2. décrire ce que vous êtes en train de faire,
  3. décrire comment vous vous sentez.

Vous poursuivez ensuite vos occupations sans rien y changer, comme vous le feriez normalement jusqu’à ce que vous entendiez à nouveau le bip du téléavertisseur. Vous prenez alors le formulaire et notez les 3 éléments demandés. Et ainsi de suite chaque fois que vous entendez le bip.

Imaginez ensuite que, comme vous, des milliers de personnes en aient fait autant à travers le monde, entre autres, au Canada, en Allemagne, en Italie, au Japon et en Australie.

Et imaginez que cette cueillette d’information se soit déroulée sur une période de 25 ans et que des chercheurs universitaires se soient penchés sur ces données pour en analyser les résultats.

Vous conviendrez que les résultats de ces recherches mériteraient d’être publiés. C’est ce qu’a fait Mihaly Csikszentmihalyi en publiant son livre « Vivre… la psychosociologie du bonheur » en 1990.

Mon propos n’est pas ici de reprendre chacune des idées qu’il y a présentées, mais plutôt de faire un survol des principales découvertes qu’il a faites sur ce qui procure le plus de bonheur et sur les moyens d’augmenter ce niveau de bonheur.

Alors, que nous apprennent ces recherches menées de façon rigoureuse par des scientifiques auprès de milliers de participants, à travers plusieurs pays du monde sur une période de 25 ans et de qui s’inspirent encore bon nombre de spécialistes?

Le bonheur ne dépend pas des conditions externes

Voilà un des premiers constats qu’ont faits ces chercheurs, et cela indépendamment du lieu où résidaient les gens qui ont participé à l’enquête.

Mais, dites-moi, ne cherche-t-on pas à augmenter notre niveau de bonheur quand on cherche un nouvel emploi, une plus belle maison, qu’on part en voyage ou qu’on achète le dernier gadget?

Csikszentmihalyi fait une distinction entre le plaisir que nous procure une chose lorsqu’elle est recherchée pour elle-même (l’amour de son métier, par exemple) et lorsqu’elle est recherchée pour des raisons extérieures à soi (le prestige qui sera associé à ce prochain emploi).

Cette recherche du « toujours plus », plus d’argent, plus d’amour, plus grosse auto, plus belle maison, ne semble pourtant pas nous satisfaire bien longtemps puisqu’on est prêt à chercher mieux, peu de temps après l’avoir obtenu. On estime d’ailleurs à 18 mois le temps nécessaire pour les gagnants de gros lots avant qu’ils ne reviennent à leur état de bonheur antérieur.)

Il semblerait que nous ne cherchions pas le bonheur au bon endroit, tout simplement. En fait, on le cherche souvent là où la publicité nous incite à le chercher. En le voyant comme une invitation et non comme une incitation, il est beaucoup plus facile de s’en soustraire. On peut toujours refuser poliment une invitation ou l’ignorer.

Mais où se cacherait le bonheur alors? Parce qu’il doit être bien caché, vous en conviendrez, pour qu’on le cherche et qu’on ait tant de difficulté à le trouver.

Laissons Csikszentmihalyi répondre à cette question.

« La véritable satisfaction devant la vie ne provient pas du fait de devenir riche ou mince, mais du sentiment profond de se sentir bien avec soi-même»

Vous connaissez sans doute comme moi des gens physiquement et financièrement avantagés et qui malgré tout, sont malheureux.

La prise d’antidépresseur n’a jamais été aussi populaire et elle perdure souvent de nos jours longtemps après que la situation qui le nécessitait soit rétablie. Qu’avons-nous tellement peur d’affronter? La réalité est-elle à ce point difficile qu’on préfère s’engourdir plutôt que de faire face à ce qui doit être changé dans nos vies?

« Le contrôle de sa vie n’est jamais facile et peut même être douloureux » comme nous le rappelle Csikszentmihalyi, mais le bonheur véritable est à ce prix.

Vous connaissez aussi sans doute, à l’opposé, des gens que la vie n’a vraiment pas épargnés et qui, pourtant, sont bien dans leur peau et dégagent un sentiment de paix et d’harmonie.

Comment peuvent-ils y arriver? Comment y réussissent-ils? Que font-ils de différent?

Csikszentmihalyi a peut-être une partie de la réponse lorsqu’il nous rappelle que « les expériences internes – joie ou tristesse, intérêt ou ennui – se présentent à l’esprit comme une information. Le contrôle de cette information permet de décider à quoi ressemblera notre vie. »

J.H. Homes tenait sensiblement les mêmes propos lorsqu’il écrivait que "L’univers n’est ni hostile ni amical; il est simplement indifférent."

En d’autres mots, notre degré de bonheur relèverait plus de notre pouvoir personnel, c.-à-d. de ce que nous faisons avec ce qui nous arrive, que de l’environnement dans lequel nous évoluons.

Les conclusions de ces études sont claires.

Les difficultés ne rendent pas nécessairement malheureux. C’est la manière de les interpréter qui fait la différence

La situation est neutre. Elle se produit tout simplement. Quelqu’un d’autre pourrait avoir une tout autre interprétation de la même situation.

Comme il est facile de blâmer quand ça ne va pas comme nous l’aurions espérer. Blâmer ses parents, la société, son patron, la conjoncture économique, son âge, sa race, etc., pour ce qui nous arrive.

Et personne n’y échappe. On est tous un jour tombé dans ce piège, avec l’impression que ce n’est pas à nous de réparer quoi que ce soit, puisqu’on qu’on n’a rien fait pour que cela arrive.

On a subi... On est victime... et on est atteint de la maladie STACAUSE. C’est à cause des autres.

Le moyen d’en guérir? Sortir vite de cet état et reprendre le contrôle de sa vie.

En effet, il devient clair que :

La clé du bonheur réside en soi

En sa capacité à maîtriser son expérience intérieure, en sa capacité à se fixer des buts, à se récompenser soi-même et à trouver la joie, indépendamment des conditions externes.

Csikszentmihalyi l’exprime ainsi "Le pouvoir est entre les mains de la personne qui n’attend pas que les récompenses viennent d’autrui. Dès lors, il n’est plus nécessaire de tendre à des buts qui semblent reculer constamment dans le futur ni de terminer chaque journée ennuyeuse avec l’espoir de lendemains meilleurs; il s’agit simplement de cueillir l’authentique plaisir de vivre."

En d’autres mots, il nous renvoie au pouvoir que nous avons face à ce qui nous arrive dans la vie. Le pouvoir d’en rire, de le voir comme une calamité, comme une occasion d’apprendre, de grandir ou encore de s’en servir comme tremplin pour plonger dans une vie qui nous procurera encore plus de joie et de bonheur.

Et cela, personne ne peut le faire pour nous. Ce pouvoir nous appartient.

L'expérience optimale ou "être en état de flow"

À suivre..., un article sur  l’expérience optimale ou « être en état de flow ». Quand la notion de temps disparaît et qu’on a l’impression d’être en parfaite harmonie et en parfaite maîtrise de sa vie. L’expérience ultime selon Csikszentmihalyi.

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ENTRE-TEMPS

Que diriez-vous d’être attentif à vos réactions et aux pensées qui montent quand la vie ne va pas comme vous aimeriez? Et que diriez-vous de jouer avec elles quand vous vous surprenez à vous plaindre ou à critiquer, en jouant avec son contraire, c.-à-d. en imaginant toutes les autres interprétations que vous pourriez donner à ce qui vous arrive?

Soyez créatif et drôle. Surprenez-vous, osez... et si le cœur vous en dit, partagez votre expérience sur le Blogue, section bonheur. Qui sait combien de personnes vous pourriez inspirer?

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